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RENONCER

Parfois, cesser la lutte c’est arrêter d’espérer. Espérer être plus fort, espérer d’atteindre tel objectif, réaliser tel rêve…Guérir.


Ces dernières semaines, j’ai mis de l’ordre dans mes carnets, mes dossiers, les pages volantes ci et là et j’ai réalisé que l’état de crise est souvent la constante au cours de mon existence.


Et pourtant j’ai, à chaque fois, la sensation de traverser une expérience nouvelle.


Je pourrais ficeler tout un tas d’interprétations : c’est mon soleil en Poissons en Maison VIII ; c’est une vie antérieure vécue à étouffer les émotions et le domaine du sensible ; un neuroatypisme ; un lien interrompu à la mère ; l’absence d’un réel regard du père ; une relation d’amour destructeur qui a consummé de longues années de mon existence, etc., etc.


Je pourrais mobiliser le courage outrageux qui me caractérise ; la superbe du Lion. Je pourrais renaître une fois encore nouvelle à partir de la puissante flamme régénératrice du Scorpion qui brûle en moi. Je pourrais…encore une fois…convoquer l’innocence de la pulsion créatrice du Printemps qui coule dans mes veines depuis que mon premier regard s’est ouvert sur la première aube.


Mais peut-être que ce n’était pas du courage, mais de la survie. Peut-être que ce n’était pas de l’innocence retrouvée, mais du déni. Ce n’était probablement pas de l’amour de soi, ce moment du « guérir », mais bien plus de la non-acceptation de soi. J’ai finalement passé des années à vouloir guérir de la personne que je suis. Car en étant celle que « les autres » attendent que je sois forcément, cette hyper-sensibilité est « problématique ».


Il y a cette chose qui me dépasse et qui fait que je craque, que je me brise, que je ploie… Cette obscurité qui m’enlace étroitement jusqu’à ce que le fil me reliant à la Vie devienne extrêmement mince, tenu, fragile. Et soudainement, cette Vie-là, elle me paraît si précieuse ! Pour l’enfant que j’étais et qui écrit encore des poèmes ; pour mes enfants (pour qu’ils ne se disent pas que la Vie est atroce) ; pour mon amoureux (qu’il ne se dise pas que l’Amour n’a pas suffi). Dans ce combat entre la Vie et la Mort, je ne peux qu’abandonner. Et c’est à ce moment-là que je réalise qu’abandonner, ce n’est pas mourir ! Abandonner ressemble à deux genoux sur le carrelage froid d’une église où il n’y a que toi et tes deux mains à terre à faire pénétrer les larmes. Abandonner ressemble à un lit défait hanté par la solitude insupportable de la nuit et ton cri vers le Très-Haut qui défait le silence.


C’est tout ce que je sais à propos de la guérison : qu’elle recommence encore et encore et donc…qu’elle n’existe pas.


La seule chose qui me sauve : l’élan indomptable de la Vie que toujours, me ramène vers plus Haut que moi.


Et c’est ainsi qu’Il me parle et m’attire à Lui. Je croyais écouter, je ne faisais qu’entendre.


Je suis ce fil doré tendu entre Ici et Là-bas. Il y a beaucoup de choses belles sur le fil. Le bonheur passe en funambule, mais tu ne le vois pas si tu cherches à atteindre le bout du fil. Qu’y-a-t-il au bout du fil ? Je n’en sais rien et soudainement la vie me paraît plus belle, plus précieuse…sans savoir…avec tout ce sentir qui me ramène au bord des larmes à chaque fois. Et cela me va.


Gisela❤️‍🔥


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